Trois femmes, trois choix : Rencontre avec Nathalie, associée, Mélisa, collaboratrice et Séverine, salariée

Témoignage de trois femmes conjointes d’artisans.

Nathalie Y, associée

Associés dans la vie, Nathalie et Mathieux Y le sont aussi dans les affaires. « Nous avons ouvert le 28 juillet 2008 avec un gros stress car les clients ne voyaient que par l’ancien boulanger. Les débuts ont été très lents, il a fallu du temps pour que le bouche-à-oreille fonctionne mais cela va beaucoup mieux maintenant », se souviennent Nathalie et Mathieu.

Lors de leur installation, ils ont retenu le statut de conjoint-associé dans leur SARL. Égalité parfaite entre les deux époux : chacun 50 % des parts. Alors, comment se prennent les décisions ? « Nous sommes avant tout un couple et il est très difficile de cloisonner la vie de couple et celle de chef d’entreprise. Nos décisions se prennent naturellement. Par exemple, lorsqu’un pain ou une pâtisserie ne se vend pas bien, nous en parlons pour ne plus le proposer ou changer la recette.

Nous décidons des investissements ensemble, de la décoration du magasin. » Ce consensus date en fait de l’installation. Après neuf ans passés dans la même entreprise, Mathieu éprouvait une forme de lassitude tandis que Nathalie a connu une période de chômage. Le temps était venu de se lancer, ce fut la première d’une longue série de décisions prises ensemble.

Mélisa L, collaboratrice

David L a créé son entreprise de bâtiment en mai 2011, après plus de deux décennies dans le métier. Mélisa, son épouse, n’a pas hésité longtemps avant de le suivre dans cette aventure mûrement réfléchie, pas plus qu’elle n’a tergiversé au moment d’opter pour un statut. « Nous avons la chance d’avoir ces statuts à notre disposition et le statut de conjoint-collaborateur m’a semblé le mieux adapté à ma situation. Il me semblait en effet préférable de ne pas m’octroyer de salaire au démarrage de l’entreprise. »

Mélisa a suivi une formation jusque cet été pour obtenir un autre diplôme que son BTS d’assistante de direction. « J’avais surtout des notions de comptabilité et cette formation m’a été très utile avec les modules de gestion et de droit. » Bien plus qu’une remise à niveau, cette formation lui a permis d’approfondir ses connaissances pour s’occuper de l’entreprise. Quotidiennement, Mélisa L répond donc au téléphone, s’occupe des documents administratifs, « épluche » la comptabilité même si elle dispose d’un comptable.

Elle se rend également sur les chantiers avec son mari pour préparer les devis avant de les établir et d’en assurer le suivi. « C’est vraiment un statut idéal pour les conjoints d’artisans qui s’investissent dans l’entreprise tout en préservant leur vie de famille », explique-t-elle. Et qui permet à Mélisa de bénéficier d’une protection sociale, juridique, professionnelle et patrimoniale tout en représentant un faible coût pour l’entreprise.

Séverine G, salariée

« C’est une décision difficile qui doit être prise dès l’installation », se souvient Séverine G qui a repris une entreprise de boucherie charcuterie en 2006 et opté pour le statut de conjoint-salarié, celui qui correspondait le plus à leur profil. « Mon mari avait un parcours ciblé pour en arriver là, alors que moi, pas du tout. Le choix a été difficile. Je devais me protéger, surtout si l’affaire ne devenait pas pérenne. J’ai longuement réfléchi à la question, fait un tableau avec les pour et les contre sur un grand cahier, comparé les autres solutions possibles. »

Séverine voit sa vie quelque peu bouleversée, se retrouvant à travailler aux côtés de son mari, son collègue, « sans forcément l’aspect hiérarchique, puisqu’il est au laboratoire et qu’(elle) s’occupe du magasin. C’était un des critères de la reprise de ne pas être dans les locaux ensemble. Mon mari gère les hommes, les stocks et la fabrication, et moi je m’occupe du commercial, administratif, comptabilité et des objectifs. Chacun a son savoir-faire et je sais aujourd’hui où me positionner. »

Le choix d’être salariée permet d’établir une fiche de paie et de payer des charges, donc de bénéficier d’une couverture sociale, des indemnités chômage et d’une formation de retour à l’emploi au cas où l’affaire aurait mal tourné.

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