Les entreprises artisanales considèrent trop peu leur banque comme un partenaire

Une étude de l’ISM et de la DGCIS sur les pratiques et besoins de financement des entreprises artisanales vient d’être publiée. Elle montre qu’il est nécessaire d’améliorer la relation des artisans avec leur banquier et d’autre part que les financements bancaires ne sont pas toujours adaptés ou optimisés.

Dans un contexte persistant de crise et de mutations économiques, la problématique de l’accès au financement demeure un enjeu de compétitivité et de développement pour les entreprises.

Alors que les entreprises artisanales représentent près d’une entreprise sur trois dans le secteur marchand, on ne peut que constater le manque d’informations et de connaissances sur les courroies de financement et développement de ces entreprises.

Aujourd’hui, ces entreprises sont fragilisées par deux tendances concomitantes :

  • Une baisse d’activité, qui touche un tiers d’entre elles ;
  • Une érosion de leur rentabilité due à un resserrement des marges.

Tous les secteurs sont concernés, aussi bien les entreprises travaillant en BtoB que celles qui ont une clientèle de particuliers, touchées par la baisse de consommation.

La baisse des marges, constatée également par la Banque de France sur l’ensemble des PME de plus de salariés, est préoccupante à terme, car elle diminue les capacités d’autofinancement des entreprises artisanales et donc leur capacité d’investissement.

Une tension sur les investissements est bien visible. Selon l’étude, 30% des entreprises déclarent avoir reporté des projets d’investissement. Au total 41% des entreprises auront réalisé un investissement ces 12 derniers mois. Outre les problématiques de capacité d’autofinancement, deux facteurs freinent ces investissements : le manque de visibilité sur les marchés d’une part ; un grand nombre d’entreprises sont d’autre part en suréquipement, consécutivement aux années d’expansion enregistrées entre 2014 et 2007 (par exemple dans le bâtiment).

Concernant le financement de leurs besoins, les entreprises artisanales privilégient l’autofinancement

Le recours aux prêts bancaires est opéré souvent « quand l’entreprise ne peut pas faire autrement » : sur ¼ d’entre elles font appel systématiquement à l’emprunt bancaire pour financer leurs investissements.

Les fonds bancaires restent la principale source de financement externe :

  • En matière d’investissement, 27% des entreprises ont intégralement financé leur investissement, 16% ont fait appel au prêt bancaire. Les financements alternatifs, comme le leasing, sont peu développés dans les entreprises de moins de 10 salariés ;
  • Pour les besoins en fonds de roulement, les entreprises mobilisent le plus souvent leur ligne de découvert bancaire (30%). Seules 3% d’entre elles ont sollicité un prêt bancaire de trésorerie ;
  • Concernant les fonds propres, 23% des chefs d’entreprises ont réinjecté des fonds personnels ces douze derniers mois dans leur entreprise. Les entrepreneurs artisans restent les principaux bailleurs de leur entreprise.

En conséquence de cette faible demande de prêt bancaire, le taux de refus est peu élevé : 87% des demandes de prêts ont été suivies par les banques ces douze derniers mois. On n’observe donc de restriction d’accès au crédit bancaire, même si un durcissement des frais et des demandes de garanties est signalé par un tiers des entreprises.

Une garantie a été demandée pour 22% des demandes de prêts : le plus souvent, elles ont encore une fois porté sur les fonds personnels des dirigeants (un cas sur deux), alors que les garanties Siagi, Socama ou BPI/Oseo n’ont concerné que 5% des dossiers.

En conclusion, les relations avec les banques sont sans problème dans 80% des cas, mais finalement peu qualitatives. Les banques sont peu considérées comme des partenaires (seules 28% des entreprises sollicitent leur banque pour des conseils en matière de financement) et encore moins comme des fournisseurs (80% des entreprises n’ont qu’une banque). La banque, incontournable pour la vie de l’entreprise, est donc souvent perçue comme une « tribunal censeur » par les dirigeants artisans.

N’hésitez pas à consulter votre expert-comptable pour une meilleure connaissance des outils de financement et mieux anticiper vos besoins.

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