Comment devenir une femme entrepreneure ?

Depuis une trentaine d’années, on assiste à l’émergence d’un nouveau profil de dirigeants : les femmes entrepreneures. Ainsi, selon le dernier baromètre de  l’Artisanat sur les femmes publié en 2019 par l’Institut Supérieur des Métiers, 23% des entreprises artisanales avaient été créées par des femmes soucieuses de gagner liberté et trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Comment ont-elles lancé leur activité ? Découvrez les étapes pour entreprendre et libérer votre potentiel.

1. FAITES VOUS CONFIANCE

Notre premier conseil pour devenir une femme entrepreneure est de vous faire confiance. Le sixième baromètre de la parité dans les TPE françaises publié par Managéo, indique que les cheffes d’entreprise sont meilleures gestionnaires que leurs homologues masculins : « 54,3% des TPE féminines présentaient un risque faible ou très faible d’entrer en défaillance alors que celles dirigées par des hommes ne représentaient que 50%. En 2018, seulement 3,1% des TPE avec une femme à leur tête sont entrées en défaillance, contre 5% côté masculin ». L’échec entrepreneurial ne s’écrit donc pas seulement au féminin.

2. TESTEZ VOTRE IDÉE

La réussite du lancement d’une entreprise par une femme entrepreneure, ou un homme, repose en grande partie sur sa préparation. Un projet bien étudié ancre immédiatement l’entreprise dans un réel où les rêves et la passion ne suffisent pas pour réussir. Au préalable, il faudra donc tester votre idée. Une méthode consiste à réaliser un grand nombre d’entretiens en face à face ainsi que des questionnaires en ligne pour obtenir le maximum d’informations sur vos futurs clients, et ce, sans jamais évoquer l’objet de votre business. Cela permet ne pas influencer les réponses des participants et de faire évoluer votre concept pour mieux rencontrer votre future clientèle.

3. VÉRIFIEZ LA FAISABILITÉ DE VOTRE PROJET

Quand vous êtes assurée que votre idée de business rencontrera son public, il vous faut réfléchir à votre future activité dans son ensemble : lieu d’exercice, local (s’il en faut un), fournisseur, processus de vente, investissements à prévoir, personnel… Tous ces points établis, il est nécessaire de vérifier la faisabilité du projet :

  • Avez-vous besoin de vous former pour le mener à bien ?
  • Devez-vous quitter immédiatement votre emploi ou pouvez-vous mener votre projet en parallèle de ce dernier ?
  • Avez-vous besoin de vous associer à une autre femme entrepreneure ?
  • Devez-vous déposer votre marque ou votre concept à l’INPI ?

L’ensemble des points posés, vous saurez parfaitement si votre projet est viable, auquel cas il faut continuer, ou s’il est préférable d’y renoncer.

4. PRÉPAREZ VOTRE BUSINESS PLAN

Toutes les activités lancées par les femmes entrepreneures ne nécessitent pas d’en concevoir un. Mais, de manière générale, il faudra réaliser un prévisionnel simplifié. En revanche, si votre projet exige une grosse levée de fonds, il sera nécessaire de préparer un business plan très solide. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, optez pour un accompagnement auprès de la Chambre des métiers et de l’artisanat, un syndicat professionnel…

Dans tous les cas, cette démarche vous permettra d’établir un projet financier sérieux, indispensable à tout organisme bancaire.

On doit y retrouver notamment :

  • le montant du chiffre d’affaires espéré
  • les frais de fonctionnement prévus
  • le fonds de roulement à anticiper
  • les échéances de paiement de vos clients
  • la fiscalité envisagée par rapport à votre résultat
  • le montant de vos cotisations sociales

BON À SAVOIR :

De nombreux programmes dédiés aux femmes entrepreneures vous permettent de bénéficier de conseils et d’un soutien précieux pour concrétiser votre projet : Les Premières, ForceFemmes, Action’elles, BGE, Initiave France, France Active, la BPI…

5. TROUVEZ VOTRE LOCAL

Au démarrage de votre activité de femme entrepreneure, ne voyez pas trop grand pour ne pas alourdir les charges de votre entreprise.Ainsi, pour toutes les activités de service et de conseil, par exemple, il est préférable de travailler à domicile. Pour rompre la solitude qui entoure toujours une femme entrepreneure à ses débuts, rien ne vous empêche de vous rendre de temps en temps dans un espace de coworking.

Pour les activités exigeant un local, il faudra être très prévoyante :

  • bien évaluer la surface du local dont vous aurez besoin,
  • vérifier la durée de location et les clauses prévues dans le bail,
  • veiller à la zone d’implantation, au respect des normes en matière d’accueil du public,
  • examiner les équipements de proximité…

6. FINALISEZ VOTRE BUDGET DE FINANCEMENT

Selon l’étude Insee de 2017, le budget des femmes entrepreneures est plus faible : « les moyens nécessaires pour démarrer sont inférieurs à 4 000 euros pour 41 % d’entre elles contre 28 % chez les hommes ». Les fonds proviennent le plus souvent de :

  • La love money (entourage)
  • Le financement participatif
  • Les prêts d’honneurs
  • Le microcrédit
  • Les incubateurs

Quand l’entreprise connaît une belle croissance et nécessite de lever des fonds pour croître davantage ou lancer des programmes de R&D, il est possible de solliciter :

  • Les business angels
  • Les fonds d’investissement
  • Les prêts interentreprises

7. CRÉEZ VOTRE ENTREPRISE

Le plus souvent, les femmes entrepreneures, comme leurs homologues masculins, peinent à choisir le statut de l’entreprise. Cela est d’autant plus délicat que les formalités de création diffèrent selon le statut juridique retenu.

Cependant, la première question à vous poser n’est pas celui du statut, mais bien : est-ce que mon activité est réglementée, c’est-à-dire soumise à des conditions d’accès et/ou d’exercice ou d’exploitation ? En effet, si tel est le cas, notamment dans l’artisanat, elles devront être respectées avant même l’immatriculation de votre entreprise afin de recevoir des autorités administratives compétentes une autorisation, un agrément, une carte professionnelle…

Une fois ce point éclairci, vous devez immatriculer votre entité. Si c’est une micro-entreprise, vous pouvez effectuer toutes les démarches en ligne en moins de trente minutes sur le site autoentrepreneur.fr.

En revanche, il est conseillé de s’entourer pour toutes les autres formes d’entreprises (EURL, SARL, SASU, SAS) afin de ne commettre aucune erreur dans la rédaction des statuts de la société, les apports en capital social, la publication de l’avis de constitution…

Pour conclure, devenir femme entrepreneure exige avant tout beaucoup de rigueur, de confiance en soi et de patience afin de démarrer officiellement son activité dans de bonnes conditions. Mais, il est très important de ne pas rester seule. À cet effet, de très nombreux services de l’État, des clubs, des réseaux accompagnent au quotidien les femmes pour les aider à concrétiser leur projet. À vous de démarrer le vôtre.

Vous êtes conjoint collaborateur,
Pourquoi se déclarer?

Pour quel statut et comment se déclarer ?

Toutes les informations et les démarches à suivre pour votre déclaration.

En savoir plus
BOITE à outils

Annuaire utile pour les femmes des artisans, Les actualités, Formation pour les femmes d’artisans, Documentation pour les femmes des artisans, Questions / réponses

en savoir plus